Un guide pratique pour les exploitations laitières et bovines en Irlande, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et en Amérique du Sud — couvrant le calendrier des récoltes, la gestion de l'humidité et la technique d'emballage pour éliminer la fermentation butyrique.
🎯 Fenêtre de pressage : 60–70%
⚠ Risque de clostridies : élevé en milieu humide
🌍 Irlande · Royaume-Uni · Nouvelle-Zélande · Allemagne · Amérique du Sud

Pourquoi l'ensilage de ray-grass est la base de l'élevage laitier en Europe et en Nouvelle-Zélande
ray-grass vivace (Lolium perenne) et le ray-grass italien (Lolium multiflorumLe ray-grass est la principale culture fourragère au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande, non pas parce qu'il est le plus facile à conserver, mais parce qu'il figure parmi les graminées fourragères les plus productives et appétissantes disponibles dans les climats tempérés à fortes précipitations. Correctement géré, un ray-grass produit de 10 à 14 tonnes de matière sèche par hectare et par an, réparties sur quatre à six coupes, fournissant ainsi une source d'énergie fiable et économique pour les vaches laitières en lactation et les bovins en croissance pendant la période d'élevage.
Le problème, c'est que le ray-grass, lors de la coupe, porte généralement 70 à 80% humidité — supérieur à celui de la luzerne, supérieur à celui du maïs, et nettement supérieur au seuil à partir duquel les bactéries clostridies dominent la fermentation. Les espèces de Clostridium prolifèrent dans l'ensilage humide et riche en protéines, transformant les acides aminés en ammoniac et les sucres en acide butyrique plutôt qu'en acide lactique. Il en résulte un fourrage à l'odeur de beurre rance, provoquant une baisse de la consommation chez les vaches laitières et pouvant induire une cétose et une diminution du taux de matière grasse du lait dans les troupeaux à haut rendement.
Pour éviter ce résultat, il est essentiel de comprendre précisément pourquoi le ray-grass est sujet à la fermentation clostridienne, quel niveau de flétrissement permet d'éliminer ce risque, et comment les techniques de pressage et d'enrubannage préservent la qualité de la fermentation, déterminant ainsi la valeur fourragère pour les 12 mois suivants. Ce guide couvre chaque étape de ce processus. Pour une explication plus détaillée des différences entre la fermentation en balles et celle en silo conventionnel, consultez notre article sur Comparaison entre ensilage et enrubannage : explications.
Section 1 : Pourquoi le ray-grass est sujet à la fermentation clostridienne
1.1 Le problème biochimique
Trois caractéristiques du ray-grass se combinent pour créer un environnement de fermentation à haut risque lorsque la récolte est mise en balles trop humide :
À une teneur en humidité de 75%, la teneur en matière sèche du ray-grass n'est que de 25%. Les glucides solubles dans l'eau (GSE) qui alimentent les bactéries lactiques — les organismes bénéfiques responsables de la chute rapide du pH — sont dilués dans un grand volume d'eau libre. Ceci ralentit la baisse du pH, prolongeant ainsi la période pendant laquelle les bactéries clostridies peuvent s'établir avant que les bactéries lactiques ne deviennent dominantes. Point crucial : une baisse lente du pH est la principale cause de la présence de clostridies dans l'ensilage de ray-grass.
Le ray-grass, notamment les prairies mélangées au trèfle courantes dans les systèmes laitiers biologiques et régénératifs, possède un pouvoir tampon supérieur à celui des céréales, ce qui signifie qu'il résiste aux variations de pH. Pour obtenir la même baisse de pH que dans une culture moins tampon, il faut produire davantage d'acide lactique. Cela réduit la plage de fermentation et aggrave les conséquences d'une humidité excessive au départ.
Les spores de Clostridium sont naturellement présentes dans le sol. Dans les systèmes de culture de ray-grass à fortes précipitations — notamment en Irlande et dans l'ouest du Royaume-Uni où les projections de terre lors de la coupe sont fréquentes — la contamination du sol par la récolte coupée introduit une charge supplémentaire de Clostridium directement dans la balle. La hauteur de coupe est importante : une hauteur inférieure à 6 cm augmente considérablement le risque de contamination du sol sur les prairies de ray-grass.
1.2 Réponse correcte : Laisser flétrir jusqu’à 60–70 °C avant la mise en balles
La plage d'humidité cible pour l'ensilage de ray-grass est de 60 à 70% — supérieur à la cible de 50 à 60 lTP3T pour la luzerne, car le ray-grass a une teneur en glucides solubles plus élevée par rapport à ses protéines, ce qui favorise une fermentation lactique plus rapide, même à des niveaux d'humidité modérés. Le seuil critique est de 70 lTP3T : au-delà, le risque de contamination par les clostridies augmente fortement, indépendamment de l'utilisation d'inoculants. En dessous de 60 lTP3T, la culture est difficile à compacter et la baisse du pH est lente en raison de la diminution de la disponibilité des substrats fermentescibles.
| Humidité au moment du pressage | Résultat de la fermentation | Niveau de risque |
|---|---|---|
| >75% | Clostridium — ammoniac, acide butyrique | Très élevé |
| 70–75% | Mixte — lactique/clostridien, peu fiable | Haut |
| 60–70% | Acide lactique dominant — stable, pH bas | Faible ✓ Cible |
| <60% | fermentation lente, mauvaise compression | Modéré |

Section 2 : Coupe — Moment, hauteur et fanage
2.1 Quand couper pour une valeur nutritive maximale
La relation entre le stade de croissance et la qualité du fourrage chez le ray-grass est bien établie : le fourrage en début d’épiaison, au stade de l’émergence de l’épi, présente la digestibilité la plus élevée (valeur D généralement comprise entre 70 et 75 TP3T) et la teneur en glucides solubles la plus importante, ce qui favorise une fermentation plus rapide et plus fiable. Le fourrage coupé au stade de la demi-épi ou plus tard montre une baisse mesurable de sa digestibilité et de sa teneur en glucides solubles ; il est donc non seulement moins nutritif, mais sa fermentation est également moins fiable.
Pour l'ensilage de ray-grass de première coupe, la récolte a généralement lieu entre fin avril et mi-mai en Irlande et au Royaume-Uni, et entre octobre et novembre dans l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande. La date précise importe moins que le stade de croissance : visez un rendement de 2 500 à 3 000 kg de matière sèche par hectare pour la première coupe dans un système à haut rendement, avant que l'épiaison ne soit avancée.
Les coupes suivantes doivent être effectuées à intervalles de 6 à 8 semaines avant que la repousse n'atteigne le stade végétatif avancé. Laisser le ray-grass atteindre le stade d'épiaison avancé avant la coupe réduit la valeur D de 3 à 5 unités par semaine de retard, ce qui représente une perte significative dans un programme d'alimentation pour vaches laitières.
2.2 Hauteur de coupe — Équilibrer rendement, qualité et contamination
La hauteur de coupe du ray-grass est un compromis entre trois facteurs antagonistes. Une coupe basse (moins de 6 cm) maximise le rendement, mais augmente considérablement le risque de contamination du sol, notamment dans les prairies humides et piétinées ou après de fortes pluies. Une coupe haute (8 à 10 cm) réduit le rendement, mais produit un matériel plus propre, avec une charge en spores de clostridies plus faible et un flétrissement plus rapide grâce à une meilleure circulation de l'air sous l'andain.
La recommandation pratique pour la plupart des opérations d'ensilage de ray-grass est une hauteur de coupe de 6 à 8 cmUne épaisseur inférieure à 6 cm ne devrait être utilisée que par temps sec confirmé, sur des sols fermes et bien drainés. Sur un sol gorgé d'eau ou détrempé, une épaisseur de 8 à 10 cm est plus sûre, même au détriment du rendement.
2.3 Le fanage — Essentiel pour le flétrissement du ray-grass
Comme le ray-grass retient beaucoup plus d'humidité que la plupart des autres cultures ensileuses lors de la coupe, le fanage est fortement recommandé dans les 1 à 2 heures suivant la fauche. Le fanage retourne l'andain, expose la surface de coupe et peut réduire le temps de flétrissement de 30 à 50 % dans des conditions de séchage modérées – un facteur crucial compte tenu des faibles variations de la météo typiques du climat atlantique européen.
Les prairies mixtes de ray-grass et de trèfle sont courantes dans les systèmes laitiers biologiques et régénératifs en Europe et en Nouvelle-Zélande. Les feuilles de trèfle sont nettement plus fragiles que celles du ray-grass et se brisent lorsqu'on les fane par temps chaud et sec. Si la prairie contient plus de 25 % de trèfle, il est conseillé de limiter le fanage à une seule fois, immédiatement après la coupe, et d'éviter de faner une fois que l'andain a commencé à sécher ; une perte excessive de feuilles de trèfle réduirait l'apport en protéines de ces prairies.
Section 3 : Flétrissement — Comment atteindre un taux d’humidité constant de 60–70%
3.1 Durée de flétrissement selon les conditions
Le ray-grass à une humidité de 75 à 80 % (TP3T) doit perdre de 5 à 15 points de pourcentage d'humidité avant la mise en balles. Le temps nécessaire dépend du rayonnement, de la température, de l'humidité relative et de la densité de l'andain. Le tableau ci-dessous est un guide pratique sur le terrain ; il ne constitue pas une garantie, car la vitesse de séchage varie considérablement selon le type de prairie, la hauteur de coupe et la structure de l'andain.
| Condition | Humidité initiale | Temps de flétrissement typique | Notes |
|---|---|---|---|
| Ensoleillé, chaud, >20°C, HR <60% | 75–80% | 6 à 12 heures | Idéal — possibilité de mise en balles le jour même |
| Ciel partiellement nuageux, 15–20 °C, HR 60–75% | 75–80% | 18 à 28 heures | Couper le matin, mettre en balles le lendemain matin |
| Ciel couvert, frais, 75% | 75–80% | 36 à 48 heures et plus | Contrôle du flétrissement obligatoire avant la mise en balles |
3.2 Tests d'humidité sur le terrain sans équipement de laboratoire
Un humidimètre à conductance portatif donne une mesure d'une précision de ±2–31 TP3T lorsqu'il est calibré pour le ray-grass, ce qui est suffisant pour les décisions de pressage. En l'absence d'un tel appareil, test de préhension manuelle Pour un contrôle rapide sur le terrain : prenez une bonne poignée de ray-grass fané et tordez-la fermement. Si du liquide s’en écoule librement, le taux d’humidité est supérieur à 70 °TP3T ; ne le mettez pas en balles. Si la poignée est humide au toucher mais qu’aucun liquide n’apparaît, le taux d’humidité se situe probablement entre 60 et 70 °TP3T. Si le ray-grass est sec et s’effrite légèrement, son taux d’humidité est inférieur à 60 °TP3T et il est peut-être trop sec pour une fermentation optimale.
Le test de saturation est un contrôle complémentaire et ne remplace pas un humidimètre en exploitation commerciale. Toute exploitation produisant plus de 500 balles par saison devrait être équipée d'un humidimètre de manière standard ; le coût d'une seule analyse d'ensilage révélant une fermentation clostridienne dépasse largement celui de l'appareil.

Section 4 : Pressage du ray-grass — Matériel et technique
4.1 Caractéristiques de la presse à balles importantes pour le ray-grass
Le ray-grass à une teneur en humidité de 60 à 70 % (TP3T) est lourd, dense et a tendance à former des ponts sur toute la largeur de la ramasseuse si la densité de l'andain est irrégulière. Plusieurs caractéristiques de la presse à balles influent davantage sur les performances de cette culture que sur celles des fourrages plus légers et plus secs.
Un pick-up large à écartement de dents important permet de traiter sans problème les andains denses et humides de ray-grass, fréquents lors de la première coupe. Les pick-ups étroits peuvent nécessiter plusieurs passages avec un râteau de fusion pour regrouper les andains à la largeur appropriée, ce qui représente une opération supplémentaire mais réduit le risque de blocage dans les cultures denses.
Une pression plus élevée dans la chambre de pressage de l'ensilage de ray-grass réduit la porosité de la balle, ce qui diminue directement l'incorporation d'oxygène et accélère la transition vers des conditions anaérobies après l'enrubannage. Visez une balle plus ferme que celle que vous accepteriez pour du foin sec : à une humidité de 65%, le matériau se compresse bien et une balle ferme offre une qualité de fermentation nettement supérieure à celle d'une balle molle.
Comme pour tous les ensilages, le filet est nettement préférable à la ficelle pour le ray-grass. Le gain de vitesse de liage (3 à 5 secondes contre 20 à 30 pour la ficelle) est particulièrement important dans les exploitations de ray-grass à haut volume, où une presse peut produire de 50 à 80 balles par jour dans des conditions optimales. Chaque seconde d'ouverture de la chambre après le pressage représente une exposition à l'oxygène. La meilleure tenue de la forme des balles grâce au filet est également essentielle pour un contact uniforme du film, notamment sur les balles de ray-grass dense aux formes légèrement irrégulières.
4.2 Vitesse de travail au champ et gestion des andains
Pour le ray-grass, le rapport entre la vitesse d'avancement et la densité des balles est plus critique que pour les cultures plus légères. À une humidité de 65%, les balles de ray-grass sont déjà lourdes : une balle de 1,25 m peut peser entre 500 et 550 kg. Une vitesse excessive dans les andains denses entraîne un surremplissage des balles, ce qui dépasse ce poids et rend la manutention dangereuse, augmentant ainsi le risque d'endommagement du film plastique dû à la déformation de la balle. Maintenez une vitesse d'avancement adaptée. 4 à 6 km/h dans les matériaux de première coupe et de 6 à 8 km/h dans les coupes suivantes plus légères.
Il est courant, dans les cultures de ray-grass, de fusionner plusieurs andains pour améliorer le débit de la presse à balles. Fusionnez-les afin d'obtenir une largeur d'andain uniforme de 1,2 à 1,6 m : suffisamment large pour remplir efficacement le pick-up, mais pas trop pour éviter que la matière ne s'enroule autour de l'arbre d'entraînement. Ne tentez jamais de presser des andains doubles ou triples fusionnés, notamment après une première coupe très dense, sans avoir préalablement vérifié le dégagement du pick-up.

Section 5 : Enrubannage du ray-grass — Couches et vitesse
5.1 Pourquoi le ray-grass nécessite plus de couches que la luzerne
L'ensilage de ray-grass est généralement enrubanné avec un taux d'humidité résiduelle plus élevé que celui de luzerne (60-70% contre 50-60%). Ceci est important pour deux raisons. Premièrement, la pression interne plus importante d'une balle plus humide exerce une contrainte mécanique accrue sur le film, notamment par temps chaud, lorsque les balles enrubannées peuvent légèrement se dilater sous l'effet de la fermentation et de la production de CO₂. Deuxièmement, au Royaume-Uni, en Irlande et en Nouvelle-Zélande, où les balles sont fréquemment stockées pendant l'hiver dans des conditions humides et boueuses, les couches extérieures du film sont davantage exposées à l'abrasion mécanique, au passage des tracteurs et à l'activité des ravageurs que dans des environnements de stockage plus secs.
La recommandation standard pour l'ensilage de ray-grass est 6 couches minimum, avec 8 couches fortement recommandées pour les matières premières de première coupe présentant un taux d'humidité élevé, les balles qui seront stockées pendant l'hiver, ou toute opération dans un environnement à fortes précipitations où le risque de perforation dû à un sol de stockage humide ou à la faune sauvage est élevé.
| Scénario | Couches recommandées | Raison |
|---|---|---|
| Coupes ultérieures, 60–65% d'humidité, stockage au sec | 6 | Norme — 3 barrières intactes après une perforation |
| Première coupe, humidité 65–70%, hivernage en extérieur | 8 | Pression interne plus élevée + exposition hivernale prolongée |
| Toute balle transportée sur plus de 5 km avant stockage | 8 | Risque d'abrasion lors du transport de balles lourdes et humides |
5.2 Délai entre la mise en balles et l'enrubannage
Pour l'ensilage de ray-grass, le délai maximal admissible entre le pressage et l'enrubannage est plus court que pour la luzerne, car la fermentation du ray-grass démarre plus rapidement en présence d'oxygène. De plus, l'échauffement aérobie initial des balles de ray-grass non enrubannées peut être suffisamment intense pour dégrader les protéines et l'énergie des couches externes en quelques heures. L'objectif pratique est d'enrubanner dans les 2 à 4 heures de pressage par temps chaud, et en moins de 6 heures par temps frais.
Pour les grandes exploitations où une seule presse produit de 60 à 80 balles par jour et où une enrubanneuse distincte prend le relais, l'équipe d'enrubannage doit toujours commencer la journée avec les balles fabriquées la veille après-midi, sans jamais laisser les balles déballées pendant la nuit durant la saison de croissance active, lorsque les températures favorisent une activité aérobie rapide.
Section 6 : Inoculants pour ensilage de ray-grass — Quand et lesquels
6.1 Argumentaire en faveur de l'utilisation d'inoculants sur le ray-grass
Le ray-grass présente une teneur en glucides solubles relativement favorable par rapport aux légumineuses, ce qui explique l'efficacité des inoculants de bactéries lactiques : le substrat nécessaire à une fermentation rapide est présent, et l'ajout d'une population d'inoculum à forte densité accélère significativement la phase initiale de fermentation. Dans les conditions climatiques de l'Europe atlantique, où le ray-grass est souvent mis en balles avec un taux d'humidité élevé en raison de conditions de séchage imprévisibles, l'utilisation d'inoculants est sans doute plus justifiée que pour toute autre culture ensileuse.
Homofermentatif Lactobacillus plantarum et Pediococcus acidilactici Il a été démontré dans de multiples essais européens que les inoculants appliqués lors du ramassage de la presse à balles réduisent le pH à 14 jours de 0,3 à 0,6 unités par rapport aux témoins non inoculés — la différence entre une fermentation clostridienne limite et une fermentation lactique fiable dans un matériau mis en balles à une humidité de 68 à 70%.
Pour les prairies de ray-grass et de trèfle à plus de 30% de trèfle, envisagez un inoculant à double souche qui comprend L. buchneri pour prolonger la stabilité aérobie à la distribution — l'ensilage riche en trèfle a tendance à présenter une détérioration aérobie plus rapide sur la face exposée en raison de sa teneur plus élevée en protéines agissant comme substrat pour les organismes de détérioration aérobie.
6.2 Supplémentation en sucre comme alternative aux inoculants
En conditions d'humidité élevée, lorsque le fanage est insuffisant en raison des conditions météorologiques, certains agriculteurs épandent de la mélasse ou du sucre à raison de 2 à 4 kg par tonne de matière fraîche, directement sur l'andain ou au niveau de la presse à balles. Ce substrat fermentable supplémentaire stimule l'activité des bactéries lactiques, même sur une matière très humide. Cette méthode est surtout répandue en Irlande et dans les régions les plus humides du Royaume-Uni, où un fanage régulier est particulièrement difficile à obtenir lors de plusieurs coupes successives.

Section 7 : Stockage, qualité de la fermentation et distribution
7.1 Stockage de l'ensilage de ray-grass en climat humide
Le choix du site de stockage de l'ensilage de ray-grass en Irlande, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande (climat hivernal humide) exige une attention plus soutenue que dans les climats plus secs, car la combinaison de balles lourdes, de sols humides et d'un stockage prolongé pendant l'hiver crée des conditions qui accélèrent la dégradation du film beaucoup plus rapidement que dans les opérations en climat sec continental ou antipodien.
Une balle de foin stockée sur un sol meuble et gorgé d'eau s'enfoncera dans la terre durant l'hiver, créant un contact permanent avec un sol humide et riche en bactéries. Ceci provoque des perforations à la base et une détérioration invisible jusqu'à la distribution du fourrage. Une dalle de béton, des pierres compactées, ou même une couche de granulats propres sous la rangée de balles éliminent complètement ce risque.
Contrairement au foin sec, l'ensilage en balles ne nécessite pas un empilage serré pour l'isolation. En climat humide, laisser un espace de 10 à 15 cm entre les balles améliore en réalité leur conservation, car cela permet à l'air de circuler autour de leur surface et d'évaporer l'humidité, réduisant ainsi le contact prolongé avec l'air humide qui accélère la dégradation du film d'ensilage par les UV et les micro-organismes.
Dans les régions à fortes précipitations, le film plastique des balles se dégrade plus rapidement que sous les climats continentaux ou désertiques. Une inspection mensuelle d'octobre à mars dans l'hémisphère nord (d'avril à août dans l'hémisphère sud) permet de réparer rapidement toute perforation avant qu'une exposition prolongée à l'oxygène ne détruise la valeur nutritive du fourrage dans la zone touchée.
7.2 Évaluation de la fermentation à l'ouverture
L'ensilage de ray-grass bien fermenté doit dégager une agréable odeur d'acide lactique, nettement plus prononcée que celle de l'ensilage de luzerne, en raison de sa teneur plus élevée en glucides solubles, favorisant une fermentation plus active. Sa couleur doit être vert clair à vert foncé, sans zones brunes ou noires au cœur. Le pH du jus extrait doit se situer entre 4,0 et 4,8. Le ray-grass atteint fréquemment un pH final inférieur à celui de la luzerne du fait de sa teneur plus élevée en sucres fermentescibles, et un pH inférieur à 4,2 pour l'ensilage de première coupe est courant dans les exploitations bien gérées.
À la distribution, consommer chaque balle ouverte dans les 2 jours par temps chaud et dans les 3 jours par temps frais. La stabilité aérobie de l'ensilage de ray-grass à la distribution est modérée : meilleure que celle de l'ensilage de trèfle, mais moins bonne que celle d'un ensilage de maïs de bonne qualité. Dans des bâtiments d'élevage chauds (au-dessus de 15 °C), une détérioration aérobie de la face exposée peut commencer dans les 24 heures suivant l'ouverture.
Section 8 : Équipement recommandé par Ever-Power
EverPower Baling Machinery Australia Pty Ltd — Zone industrielle de Charlton, Australie | +61 2 9708 3322 | [email protected]
Presse à balles rondes 8.1
Pour la production d'ensilage de ray-grass avec différentes granulométries et différents taux d'humidité, Presse à balles rondes à chambre variable 9YG-1.25A Il gère les exigences de densité du ray-grass de première coupe tout en s'adaptant aux coupes suivantes plus légères sans intervention de l'opérateur. Son ramasseur à pas large offre des performances fiables dans les andains denses et humides caractéristiques des prairies de ray-grass à haut rendement des régions atlantiques d'Europe et de Nouvelle-Zélande. Pour les exploitations laitières à haut volume traitant plusieurs parcelles par jour, Presse à balles rondes 9YG-2.24D S9000 Beyond pour ensilage offre la capacité de débit nécessaire pour suivre le rythme des fenêtres météorologiques étroites et des volumes importants de première coupe.
Tondeuse 8.2
Un contrôle précis de la hauteur de coupe est essentiel pour le ray-grass, tant pour la gestion des contaminations que pour la rapidité de régénération du couvert végétal. L'andaineur-faucheuse à traction 9GL-5.0/5.6 assure un réglage précis et constant de la hauteur de coupe, même sur des terrains accidentés, et produit un andain bien structuré qui favorise un flétrissement uniforme, réduisant ainsi le risque d'une teneur en humidité inégale sur toute la largeur de la balle à la récolte.

Section 9 : Ensilage de ray-grass vs. foin de ray-grass sec
Dans les climats tempérés à fortes précipitations, la production de foin de ray-grass sec est techniquement possible, mais difficile à mettre en œuvre sur plus d'une ou deux coupes par saison. Le tableau comparatif ci-dessous reflète les conditions typiques des régions plus humides d'Irlande, du Royaume-Uni et de Nouvelle-Zélande, où l'ensilage en balles est la méthode de conservation du ray-grass la plus courante, et ce à juste titre.
| Facteur | Foin de ray-grass sec | Enrubannage de ray-grass |
|---|---|---|
| Jours de séchage requis | 4 à 7 jours (risque élevé de fortes pluies) | flétrissement seulement en 6 à 28 heures |
| Nombre de coupes réalisables par saison | 1–2 (limité par les conditions météorologiques) | 4–6 (indépendant des conditions météorologiques) |
| Rétention de la valeur D | 60–68% (pertes dues à la pluie) | 70–76% (coupe précoce conservée) |
| Grange ou hangar requis | Oui | Non — stockage extérieur |
| Ingestion par les vaches laitières | Modéré | Élevé (faible teneur en NDF, plus digestible) |
| Marché primaire | Équin, exportation | Aliments pour bovins laitiers et de boucherie |

Foire aux questions
Questions fréquentes des producteurs d'ensilage de ray-grass concernant la qualité de l'ensilage, son humidité et le matériel utilisé.
Vous équipez votre exploitation d'ensilage de ray-grass ?
Indiquez-nous votre objectif annuel de production de balles, la superficie de votre parcelle et la puissance disponible de votre tracteur. Notre équipe vous conseillera sur la combinaison presse à balles rondes, enrubanneuse et faucheuse la mieux adaptée à votre système de culture de ray-grass, que vous effectuiez quatre ou six coupes par saison.